Enjeux et retombées économiques des tournages dans une agglomération

Depuis longtemps, métropoles et communautés d'agglomération ont compris le bénéfice en termes médiatique, économique et culturel, de l'accueil de tournages sur leur territoire. Petite ballade sur les études que les villes ont mené sur ce sujet.

L’accueil de tournages dans une agglomération génère de nombreuses retombées, d’autant plus dans un contexte de crise :

  • Soutien à l’emploi : emploi de techniciens intermittents, de comédiens, de figurants et débouchés professionnels aux jeunes des écoles.
  • Retombées économiques directes : prestataires de services, nuitées hôtelières, restauration (entre 50 et 150 000€ de dépenses par semaine par tournage).
  • Retombées touristiques : valorisation du patrimoine de la ville, attractivité.
  • Enjeux culturels : mise en valeur des talents et artistes locaux, actions culturelles et éducation à l’image.

Différentes études sont accessibles sur internet : les mairies, les Chambres de Commerces, les Commissions du Film Régionales ont pris conscience de l'importance du soutien à apporter au secteur de l'audiovisuel et du cinéma.

Film France a ainsi publié dés 2005 une étude très complète sur "les retombées économiques des tournages en région"

Un tournage est une activité s’étirant sur une durée significative, qui requiert le recrutement d’un personnel en nombre (techniciens, ouvriers, comédiens…), les prestations de fournisseurs (décors, accessoires, matériels techniques…), et qui nécessite des logements, des repas. Il s’agit là de retombées économiques directes. S’en suivront des retombées dites induites, c’est à dire l’ensemble des dépenses locales des prestataires ou des personnels non-régionaux. Les flux d’achat ainsi créés vont engendrer des chiffres d’affaires, des valeurs ajoutées, des emplois et des recettes fiscales. Pour évaluer ces retombées induites, cette étude se base sur les multiplicateurs de dépenses couramment utilisés pour des travaux similaires dans les pays anglo-saxons. Aux Etats-Unis, un rapport de l’économiste David Friedman pour le compte de l’AMPAS (Alliance of Motion Pictures Arts andScience) définissait un multiplicateur spécifique au cinéma de 2,12, repris récemment par une étude écossaise. Mais la capacité de rétention économique d’une région dépend de ses possibilités de réponses aux besoins spécifiques des tournages (personnel spécifique, prestataires spécialisés…). Les régions d’envergure moyenne moins pourvues en offre de services auront donc un multiplicateur plusproche de 1,5. Enfin, la motivation des collectivités territoriales repose sur l’impact publicitaire sur les spectateurs qu’aura la diffusion d’un film ou d’un téléfilm pour les décors qui y sont mis en scène. Une étude conduite fin 2004 par l’Association des Exportateurs Français a par exemple montré que 62% des touristes en visite en France ont été influencés, dans leur désir de visiter notre pays, par la vision d’un film français dans les 3 années précédant leur voyage. Les retombées touristiques représentent une autre motivation, parfois prioritaire, dans les pays qui, à la différence de la France, n’ont pas de production nationale significative...

FILMFRANCE

 Extrait : Etude des retombées économiques des tournages en région (Hors IDF) 2005-Film France.

Les retombées économiques

L’impact économique d’un tournage se décline en deux temps :

  • d’une part les retombées directes du tournage, qui sont fonction des durées de tournage et des budgets de production : elles consistent en des salaires liés aux embauches locales, des prestations diverses, de la location de décor, de l’hébergement et de la restauration ;
  • d’autre part les retombées touristiques après la diffusion de l’œuvre peuvent avoir un impact majeur lorsque le lieu de tournage est identifiable.

Patrick Lamassoure, délégué général de Film France, dans une interview au magazine Inter Régions paru en été 2008, soulignait : « L’avantage est qu’un film, une fiction TV, un documentaire sollicitent l’imaginaire du spectateur bien davantage que toutes les publicités du monde. Ces œuvres saisissent l’individu dans un contexte émotionnel qui le rend sensible à ce qu’il voit et entend. Donc à moindre prix, une collectivité ou une zone touristique a tout intérêt à jouer la carte des tournages pour développer le tourisme. »

Quelques exemples...

Ville de Strasbourg et région Alsace

Le multiplicateur des dépenses

1 € investi par la Région dans une série engendre en moyenne 9,75 € de retombées alors que 100 % du tournage a été réalisé en Alsace.

1 € investi par la Région dans un téléfilm engendre en moyenne 6,91 € de retombées alors que 74 % du tournage a été réalisé en Alsace.

1 € investi par la Région dans un long-métrage engendre en moyenne 3,11 € de retombées alors que 64 % du tournage a été réalisé en Alsace.

1 € investi par la Région dans un court-métrage engendre en moyenne 1,78 € de retombées alors que 100 % du tournage est réalisé en Alsace.

Les programmes audiovisuels ont un plus fort impact que les oeuvres de cinéma.

Le tournage d’un unitaire ou d’une série emploie plus de techniciens locaux que le cinéma, la rémunération des techniciens locaux y est plus élevée ;le ratio présence est plus élevé quand il s’agit d'oeuvres audiovisuelles.

Mais le cinéma offre une plus grande visibilité

Il existe de nombreux festivals de cinéma. Les courts et longs-métrages y sont souvent sélectionnés : cela offre une belle visibilité à l’Alsace et les rencontres entre professionnels du secteur favorisent la promotion de la région.

La couverture médiatique est beaucoup plus importante, que ce soit dans la presse – PQR et nationale – ou à la télévision, lors de reportages dans les JT nationaux ou régionaux.

http://www.culture-alsace.org/cinema-image-animee/ressources/observations-et-travaux/analyse-economique-tournage-alsace.html

Strasbourg Eurométropole en charge de la lecture publique, du cinéma et de l’audiovisuel,soutiennent les initiatives en faveur du rayonnement du territoire alsacien. Ils encouragent par ce biais la création d'emplois et valorisent le savoir-faire et la qualification des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel.

En 2013, l'activité de long-métrage en Alsace comprenait 6 projets pour 75 jours de tournage, générant 950 000€ de retombées économiques locales et l'embauche de 111 techniciens, 37 comédiens et 562 figurants.

Commission du Film de la Ville de Strasbourg

 STRASBOURG

Ville de Lille et Région Nord-Pas-de-Calais

Chaque année, Pictanovo distribue 3 millions d’euros, financés par le conseil régional et le centre national du cinéma. « Les retombées financières pour la région atteignent les 14 millions d’euros par an. » Un chiffre qui prend en compte la rémunération des intermittents et des techniciens et les retombées pour les hôtels et autres prestataires situés autour du lieu de tournage.

 Site de PICTANOVO

PICTANOVO

Ville de Bordeaux et Région Aquitaine

Dans sa dernière mise à jour en date du 14 novembre 2011, l'agence ECLA Aquitaine fait état de l’impact économique des tournages en région Aquitaine et sur le territoire de l'agglomération bordelaise :

81 projets accueillis en 2010 dont 21 longs métrages cinéma et fictions TV, soit 696 jours de tournage.

1 € investi par le Conseil Régional sous forme de soutien, génère entre 2 et 13 € de dépenses locales (1,5 € pour un court-métrage, entre 2 et 4 pour un long-métrage de budget inférieur à 4M, 3 pour une web fiction et le secteur de l'animation, entre 8 et 13 € pour une fiction TV).

27% : c’est la part des dépenses réalisées et Aquitaine sur l’ensemble des dépenses, soit près d’1/3 des dépenses de tournage. En prenant comme base le coût de fabrication du film, cette part des dépenses locales s’élève à 37%. 20 000 € est le montant quotidien moyen de dépenses locales d’un tournage : (1500 € par jour pour un documentaire, 11 000 € par jour pour un long-métrage à petit budget, 13000 € par jour pour une fiction TV unitaire, 30 000 € par jour pour un long-métrage à gros budget,entre 35 000 et 40 000€ par jour pour une série TV contemporaine ou d'époque).

Voir l'étude complète de l'agence ECLA :

ECLA


Ville de Montpellier et région Languedoc-Roussillon

En 2013, la seule ville de Montpellier a accueilli 78 productions, soit 150 jours de tournage tous genre confondus.

BAT MONTPELLIER
En lien, le BAT de la ville de Montpellier

En région Languedoc-Roussillon, l'accueil de tournages génère un impact économique global, estimé sur la base des rendus de compte des films soutenus par la Région et des données de la Commission Régionale du Film/Accueil de tournage, entre 4 et 6 millions d'euros par an.

Voir le site de Languedoc-Roussillon-Cinéma : http://www.languedoc-roussillon-cinema.fr/

LRC

 

Ville de Marseille et région PACA

Sur les sites dédiés pour l'agglomération Marseillaise :

" Le cinéma : une priorité économique et touristique...
Cette  filière culturelle représente une véritable opportunité de développement économique en même temps qu'un support national et international de l'image de Marseille et de son rayonnement.
L'emploi demeure la manne économique la plus importante générée par la filière audiovisuelle. Pour un tournage d'un budget local d’environ 3 millions d'euros, un tiers est injecté dans l'emploi et les charges sociales.

Un euro d'argent public investi en rapporte 18 si on prend en compte les réservations d'hôtels et de restaurants pour les tournages, les locations de lieux, de matériel ou la création d'emplois (régisseurs, figurants, techniciens...)!
Les hébergements sont porteurs de dépenses locales. Pour exemple, un groupe peut générer jusqu'à 1 500 000 euros de chiffre d’affaires pour environ 13 000 nuitées.

En région PACA, notamment grâce à Marseille, la filière audiovisuelle entraîne, annuellement, une vingtaine de millions d'euros de retombées directes et près de 168 millions de retombées indirectes (hébergement, industries techniques, restauration...).
Ainsi, le tournage, à Marseille et ses alentours, de la série "No limit", produite par Europacorp, représente un total de retombées économiques de plus de 2,5 millions d'euros dont environ 37,7 % favorisant l’emploi. Le reste concerne les dépenses locales (industrie technique, hôtellerie, location lieux de tournage…)

"En 2013, nous avons accueilli 345 tournages représentant 1 294 jours de tournage, se félicite l'élue. Cela représente une progression de 50 % par rapport à 2012."

 

 
Quelques chiffres

En 10 ans : plus de 1 300 tournages réalisés dans la Cité phocéenne
Trois cents tournages en extérieurs ou en studios chaque année représentant près de 1 300 jours de tournage soit près de quatre par jour

En 2013
- 11 longs métrages (9 en 2012)
- 55 séries (37 en 2012)
- 82 reportages TV (52 en 2012)
- 29 courts métrages
- 4 films internet
- 28 films publicitaires,
- 136 autres réalisations du type : prises de vues, festivals, avants premières…

 

     

­FILM FRIENDLY MARSEILLEVoir la charte Film Friendly Marseille

Etude sur les Retombées économiques en région PACA : Atout France, CCI Marseille, Région PACA, Ville de Nice



Actualités

Le film MIDIFILM

facebook black